14 janvier 2010

Rap et Militantisme

Rap et militantisme.

Que ce soit dans la vie de tous les jours ou la scène musicale dans laquelle nous évoluons, c’est une autre façon de concevoir et d’aborder nos existences et la musique que nous défendons. Nous ne voulons pas une part d’un gâteau empoisonné que se partagent les acteurs, à quelque niveau que ce soit, d’une industrie du disque morbide et vénale. À la limite, nous voudrions que ceux que nous combattons politiquement à travers nos créations « artistiques » se goinfrent avec le gâteau et crèvent.

La course à la réussite économique et sociale ne nous intéresse pas. Nous avons fait des choix clairs, qui impliquent le fait que nous ne vivrons jamais de notre musique. Quand je dis cela, j’entends par là que nous ne mènerons pas une vie de bourgeois plein de fric en prétendant faire de la musique engagée et politique, en totale opposition avec le contenu de nos textes et de nos principes. Si on peut payer quelques factures « obligatoires », bouffer un peu en faisant des concerts et en vendant quelques CD équitablement, pourquoi pas ?

Comment peut-on concevoir de s’enrichir personnellement en dénonçant la misère et les souffrances des autres ? Pourquoi l’exigence théorique et pratique que l’on a en politique ne serait-elle pas pertinente en matière de création musicale ?

Tout est politique, non ?

Cela ne veut pas dire, comme certains le pensent, que la diffusion d’une œuvre artistique militante ne peut pas se faire dans un cadre festif. Nous sommes entièrement d’accord avec le slogan : « La fête oui ! La lutte aussi ! » La différence avec l’industrie du disque et ses défenseurs, c’est que pour nous, le mot divertissement ne rime pas avec argent et profit.

Quand nous combattons la logique marchande de l’industrie du disque et l’existence même d’une industrie qui régit la « création artistique humaine » sous toutes ses formes, nous nous inscrivons dans un cadre plus global. Cette lutte par des moyens utilisant d’autres supports que ceux classiques d’une organisation politique s’inscrit dans un ensemble d’initiatives qui ont pour but de résister collectivement à l’emprise qu’a sur nos vies la société capitaliste. Nous voulons la destruction totale de ce système.

Nous nous définissons comme anarchistes ou libertaires et nous menons notre lutte dans le « réel », alors oui, comme tout le monde nous souffrons de contradictions que nous essayons de réduire au maximum. Notre force ne se trouve pas dans l’idée que nous sommes détenteurs d’un purisme artistique et militant à toute épreuve. Notre force se situe dans la façon que nous avons de lutter et de gérer nos contradictions et dans l’énergie que nous y mettons chaque jour. Dans la souffrance et la douleur que cela implique (toutes proportions gardées…)

Je suis d’accord, faire de la musique et des CD dans nos sociétés capitalistes n’est peut-être pas le meilleur moyen de lutter contre leurs contradictions et de mener un combat politique. Néanmoins, nous pensons que notre attitude à un moment donné peut avoir valeur d’exemple. Pas de modèle, juste des exemples à suivre ou pas. Nous voyons notre action comme un moyen de diffuser des idées.

Le fait que nous nous donnions en « spectacle » implique une réflexion sur l’image et la figure de soi, et sur la perception de notre discours, le lieu et le contexte étant des facteurs subjectifs déterminants pour évaluer la perception et la pertinence d’une œuvre artistique subversive diffusée à un instant précis. Les rapports entre l’espace, le temps et le message sont importants. Modifier l’un d’eux implique une modification de la compréhension des autres facteurs. Diffuser un message dans un lieu alternatif à une date symbolique n’est pas la même chose que diffuser ce même message dans une salle municipale à une date quelconque.

Chaque instant où s’exprime notre subjectivité, est une victoire sur ceux qui veulent nous imposer une façon de vivre et de concevoir l’existence.

Beaucoup pensent que l’on peut combattre et militer pour une musique politique et engagée à l’intérieur de l’industrie du disque. La dépendance à celle-ci pouvant être, soit physique, soit morale, soit les deux. Un peu comme ces socialistes qui pensent pouvoir réformer le capitalisme et lui donner un visage humain en injectant une dose de social dans son fonctionnement, alors que cela ne fait que légitimer un système dominant. Nous pensons que cela implique obligatoirement une soumission à des valeurs qui sont totalement incompatibles avec les idées défendues (l’anticapitalisme par exemple, terme très à la mode…). C’est comme si une organisation anarchiste se présentait à des élections.

Nous ne prétendons pas êtres des puristes (même si certains titres de nos disques disent le contraire) au sens strict du terme. Nous prétendons simplement être sincères et soucieux d’une éthique qui nous accompagne à chaque instant de nos vies et que nous tentons constamment de mettre en application. Nous ne partageons pas non plus les analyses cyniques de ceux qui critiquent « les artistes » à travers de jolies brochures ou fanzines, mais qui n’ont jamais rien pratiqué ou créé. En gros, qui n’ont jamais pris de risques et n’ont jamais mouillé le maillot. Enfin si, ils ont créé des analyses intellectuelles sur un univers et un milieu qu’en réalité ils ne connaissent qu’en tant que spectateurs ou ex-admirateurs déçus.

Comment pourraient-ils proposer des alternatives ?

Quelle légitimité ont-ils pour parler et s’exprimer sur le sujet ?

On peut faire le parallèle avec les « spécialistes intellos » qui s’expriment sur les luttes de l’immigration, les luttes dans les quartiers populaires, et bien d’autres.

Malgré la radicalité de notre propos, il ne faut pas y voir un enfermement et un pessimisme réducteur. Au contraire, nos réflexions ont pour but de donner des arguments et des outils tirés de l’expérience à ceux qui veulent pratiquer et créer de façon alternative. Nous n’avons rien inventé, nous ne sommes pas nés « artistiquement et politiquement ». Nous avons expérimenté d’autres façons de faire et de diffuser notre musique. Notre conception de l’indépendance musicale a évolué. Nous nous sommes aperçus que la radicalité de nos propos et notre exigence d’une « éthique artistique » menaient vers des pratiques issues des milieux libertaires. Avec le temps, le militantisme et la pratique artistique se sont imbriqués jusqu’à être intimement liés et inséparables l’un de l’autre.

Nous estimons qu’il faut garder les pieds sur terre et être proches des gens dont nous estimons être, le temps que dure une chanson, un concert ou même à chaque instant de nos vies, les porte-parole ou les chroniqueurs sociaux. Nous pensons, au risque de nous faire taxer de fanatiques, que la politique est partout. Tout est politique dans le monde où nous survivons et évoluons socialement. La musique et notre scène musicale le sont donc aussi : politiques !

Celles et ceux qui prétendent ne coller aucune étiquette sur leur musique et militer à un niveau personnel ont fait le choix facile de la passivité et du statu quo. Par leurs absences de positionnement clair, ils font en fait le jeu du système et de l’industrie du disque. Nous leur disons : « Assumez une fois pour toutes que le déroulement des choses ne vous dérange pas, que votre dénonciation n’est qu’une complainte d’aigris qui réside uniquement dans le fait qu’à la place des miettes que l’on vous donne vous souhaiteriez avoir une part plus grosse de la brioche. »

Par respect pour ceux qui survivent quotidiennement, nous n’utilisons pas non plus nos vies « difficiles » comme un argument pour justifier la reproduction d’un schéma d’exploitation qui masque une simple envie de rentrer dans le système et profiter des richesses que le système accorde à quelques-uns.

Ne nous taxez pas de haineux. À la différence de certains, nous ne sommes pas des artistes indépendants et militants par dépit, mais par choix ! Ce n’est pas suite à des déceptions humaines et financières que nous sommes devenus des rappeurs engagés et indépendants. Notre positionnement découle d’une longue réflexion tirée de l’expérience. Nous sommes sérieux et parfois graves, mais pas du tout pessimistes et renfermés sur nous-mêmes. Notre espoir est teinté de mélancolie, mais nous sommes heureux de lutter pour faire avancer notre conception d’une scène rap alternative et militante !

On n’est pas bien, là ?

A suivre…

(Paru dans le Fanzine Barricata n°20 - 01/10)

Skalpel de la K-bine

Posté par Skalpel à 09:06 - - Commentaires [8] - Permalien [#]


Commentaires sur Rap et Militantisme

    tout d'abord Chapeau! cette vision et cette esprit toujours virulent j'adore! y a plein de ptite phrase qui m'interpelle et c'est fort! Tu sais capter l'attention par tes propos et ton argumentaire! Les mots sont des armes avec lesquelle on peux tuer ou défendre!
    Bravo mec hasta pronto !!
    Pakito

    Posté par Pakito, 14 janvier 2010 à 10:13 | | Répondre
  • ps/ pire qu'on est bien là !!

    Posté par Pakito, 14 janvier 2010 à 10:14 | | Répondre
  • Intéressant. J'ai particulièrement aimé "Assumez une fois pour toutes que le déroulement des choses ne vous dérange pas" et le fait que la politique soit partout.

    Posté par VB, 14 janvier 2010 à 11:29 | | Répondre
  • si si le philosophe de l'underground!
    jeje

    Posté par devine!, 15 janvier 2010 à 00:22 | | Répondre
  • Je sais pas comment mon aventure musicale va évoluer, mais je sais que quoi qu'il en soit, je serai présent pour défendre cette vision de l'art.
    Tu as raison quand tu parles d'exemple, puisque je suis clairement issus des individus qui ont pu développer leur réflexion grâce à des artistes solides et militants. Puis quand c'est pas une perche pour s'élever, c'est une perche pour tenir. Par exemple j'ai découvert ta musique bien après que je me sois mit à cogiter, mais le sentiment que cultive l'écoute d'un discours qui prend au trip est tout aussi salvateur, je pense, que la première fois ou on se prend une claque.
    Alors tiens bon, qu'on vienne de naitre ou qu'on marche avec des béquilles, la musique consciente est un excellent tuteur.

    Bonne route.

    Posté par Anaryax, 16 janvier 2010 à 22:30 | | Répondre
  • --- Message transféré ----
    De : Abd-El-Kader AIT MOHAMED


    Hello!
    Je vous prie de trouver ci-joint des informations concernant la plainte pour diffamation que vient d'intenter Hortefeux à l'encontre de quatre militant-e-s, dont moi, à Tours.

    Il s'agit :
    Du communiqué des quatres prévenu-e-s,
    D"un appel à la création d'un comité de soutien,
    D'une péition de soutien que vous pouvez signer en ligne,
    Et de quelques infos supplémentaires
    J'utilise ici en urgence et de façon totalement exceptionnelle la totalité de ma liste de contacts.
    Je vous remercie par avance de votre soutien et de recevoir mes excuses pour la gêne éventuelle (notamment si vous recevez ce mail en plusieurs exemplaires)..

    Merci de votre soutien et de la diffusion large dans vos réseaux.

    ....ment.

    Abd-El-Kader AIT MOHAMED
    Courriel : k.aitmohamed1@gmail.com
    Portable : 06 14 07 86 69
    On ne se laissera pas faire! On ne lâchera pas l'affaire !

    ----
    Communiqué des 4 prévenu-e-s

    POUR LA LIBERTE D'EXPRESSION ET CONTRE LA CENSURE D'ETAT
    RELAXE DES 4 PREVENU-E-S DE TOURS
    DEBOUTONS HORTEFEUX

    PROCES DE 4 MILITANTS LE 16 SEPTEMBRE 2010 A TOURS

    Le 30 avril 2010, le Ministre de l'Intérieur portait plainte contre X à propos d'un communiqué de presse intitulé « LES BALEINIERS », signé de SOIF D'UTOPIES et de RESF 37. Ce texte faisait état de forts soupçons concernant l’utilisation, par les préfectures d’Indre-et-Loire, d’Ille-et-Vilaine et de Guyane, du fichier « Base-élèves » pour le repérage des parents sans-papiers, traitant ainsi les enfants comme des appâts, pour organiser l’expulsion du territoire de de ces familles. Ce communiqué précisait en outre que ces pratiques de chasse à l’enfant rappelaient celles de la police de Vichy.

    Hortefeux entend interdire toute comparaison historique entre des comportements actuels de certains fonctionnaires préfectoraux, de la police ou de la gendarmerie, et ceux que l'on a connu pendant la Seconde guerre mondiale en France. Pour lui, comparaison vaut diffamation. C’est ainsi que, récemment, le préfet des Pyrénées Atlantiques a porté plainte pour « outrage » contre 6 personnes qui, choquées par les conditions d'arrestation d'une famille sans-papiers, ont voulu alerter les autorités en faisant un rapprochement avec certaines pratiques employées sous l'occupation. Elles ont comparu devant le tribunal de Pau le 11 juin 2010. Le délibéré du procès sera rendu le 12 août prochain.

    Faire ces comparaisons, ce n’est pas affirmer que Pétain est de retour, que Sarkozy, c’est Pétain ou que Hitler se cache derrière le masque de Le Pen... Comparer des situations, c'est s'interroger sur des processus, qui amènent des comportements et justifient des pratiques de certains fonctionnaires, en prenant appui sur l'expérience historique que représente le régime de Vichy. C'est interroger l'évolution des politiques de « gestion des flux migratoires », qu’elles s’appellent « immigration choisie » ou « politique des quotas ». C'est questionner la mise en œuvre de la politique du chiffre, traduction concrète d’une xénophobie d'Etat. C'est s'interroger sur l'utilisation de fichiers comme celui de « Base-élèves » à des fins non pédagogiques. Comparer n'est pas synonyme d'amalgamer ! Dans ce contexte, comparer n'est pas plus diffamer.

    Que le Ministre pense que ces comparaisons n'ont pas lieu d'être ; que la politique et les méthodes de la chasse aux sans-papiers n'ont aucune résonance avec notre passé..., c'est son opinion. Comme toute pensée, celle-ci peut être débattue. Mais nous n’acceptons pas qu’il décide de censurer ces débats en poursuivant pénalement toute personne pour qui les comparaisons historiques sont des éléments de réflexion sur l'évolution de la société. C'est là l'enjeu principal du procès du 16 septembre fait à 2 militants de SOIF D'UTOPIES et 2 militants de RESF 37 appelés à comparaître devant le Tribunal correctionnel de Tours.

    Ce faisant, le Ministre traite en délinquants les militants qui expriment leur solidarité envers les immigrés, luttent pour l'ouverture des frontières, la liberté de circulation et d'installation, la fermeture des camps de rétention et leur disparition. A travers ce procès, le pouvoir tente de criminaliser les mouvements sociaux pour intimider et réprimer les acteurs de cette contestation.

    Si le tribunal nous condamne, il entérinera la censure que veut imposer le Ministre de l'intérieur. Nous n’accepterons pas de voir empêché le travail de mémoire, et les réflexions qu’il suscite. Nous condamner serait condamner le travail historique de comparaison. Nous refusons le diktat idéologique qui voudrait réduire l’analyse historique aux commémorations officielles qui n'ont d'autre fonction que de produire une histoire « lisse » et déculpabilisante, sans interroger son contenu et le sens qui s'en dégage.
    Nous refusons qu'à travers les poursuites judiciaires qui sont intentées contre nous se poursuivent l'intimidation des militants et la criminalisation des luttes sociales.

    LE 16 SEPTEMBRE : RELAXE DES 4 PREVENU-E-S DE TOURS
    HORTEFEUX DOIT ETRE DEBOUTE !
    Tours, le 10 juillet 2010
    les 4 prévenu-e-s du 16 septembre
    contacts 06 31 56 17 56 ou 06 14 07 86 69

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    APPEL A LA CREATION D’UN COMITE DE SOUTIEN

    Comité de soutien réunion le 12-07-10

    La première réunion du comité de soutien se tiendra le lundi 12 juillet à 18h00 dans les locaux de la F.O.L.(2ème étage) 57 Boulevard Heurteloup Tours.
    Toutes les personnes qui sont intéressées pour participer à la solidarité mais qui ne seront pas disponibles lundi, peuvent me le faire savoir en m'envoyant un courrier électronique.

    APPEL A LA CREATION D’UN COMITE DE SOUTIEN AUX QUATRE PREVENUS DE TOURS
    Le jeudi 16 septembre 2010 ? à 13h 30 ? comparaîtront au Tribunal correctionnel de Tours 4 militants de la cause des Sans-papiers, sur plainte de Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur.
    L’assignation du Procureur les accuse d’avoir « commis le délit de diffamation publique contre une administration publique, spécialement celle des préfectures de Guyane, Ille-et-Vilaine et Indre-et-Loire », en rendant public le 12 février 2010 un communiqué de presse intitulé « Les Baleiniers », et signé du RESF37 et du Collectif Soif d’Utopies.
    Ce communiqué de presse, qui fut suivi d’une conférence de presse tenue le 18 février 2010 dans les locaux de l’Association Chrétiens-Migrants à Tours, faisait état de forts soupçons concernant des interventions préfectorales et / ou policières auprès de directeurs d’école pour se procurer les adresses de parents d’élèves sans-papiers – notamment à travers le fichier scolaire « Base-élèves ». Cette méthode de repérage des enfants pour mieux piéger les parents était comparée aux anciennes pratiques de la chasse à la baleine, pratiques que n’aurait pas dédaignées le régime de Vichy.
    Faut-il le redire ? L’importance d'éclairer les pratiques du présent par celles du passé, ce nécessaire travail de mémoire auquel nous convient tous nos livres d'histoire, doit-il s’effacer face à l’injonction ministérielle d’interdire les comparaisons historiques, lors même que des situations présentes nous y portent irrésistiblement?
    C’est ici la liberté d’expression qui est en cause, ainsi que le droit de tout citoyen de s’alerter qu’au motif de « gestion des flux migratoires » et des impératifs de la politique du chiffre, se développent ces processus de déshumanisation et ces chasses à l’homme de sinistre mémoire.
    Nous appelons à la constitution d’un comité de soutien aux 4 prévenus de Tours, car nous partageons leur lutte pour la reconnaissance des droits humains des sans-papiers. Nous refusons qu’à travers les poursuites judiciaires qui sont intentées contre eux se poursuivent l’intimidation des militants et la criminalisation des luttes sociales.
    Pour rejoindre le comité de soutien aux 4 prévenus de Tours :
    Contact provisoire BOURBON Patrick 02 47 63 27 06 bourbon.patrick3@wanadoo.fr

    Pour soutenir concrètement nos camarades face à la répression :
    compte bancaire SUD-Solidaire (compte spécial solidarité)
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    Solidaires des prévenu-e-s de Tours

    Relaxe pour les quatre de Tours !
    À l’initiative du ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, à qui ses propos racistes ont valu une récente condamnation correctionnelle, deux militant-e-s du réseau RESF d’Indre-et-Loire, et deux du collectif Soif d’Utopies sont poursuivis devant le Tribunal correctionnel de Tours pour « diffamation publique » contre l’administration préfectorale : ils avaient dénoncé les méthodes utilisées dans la chasse aux sans-papiers et à leurs enfants, rappelant celles de la police de Vichy, en particulier l’utilisation par l’administration des fichiers de la « base-élèves ».
    Après l’affaire des 6 de Pau, condamnés pour injures pour avoir établi cette même comparaison, c’est un pas de plus qui est franchi dans la criminalisation du militantisme, les restrictions à la liberté d’expression, la toute-puissance sécuritaire.
    Nous sommes solidaires du combat de ces militant-e-s pour le respect des droits et de la dignité de chacune et de chacun. Nous considérons qu’en s’exprimant comme elles l’ont fait, les personnes aujourd’hui poursuivies n’ont fait qu’exercer leurs droits de citoyens, en conformité avec leur conscience, et ont dit ce que, avec des millions de nos concitoyens, nous pensons et ressentons lorsque les enfants des écoles sont utilisés pour traquer leurs parents.
    Dans le procès qui leur est fait, nous les soutenons, et nous appelons à les soutenir. Nous demandons leur relaxe pure et simple.
    En 2002, le ministre de l’intérieur – aujourd’hui président de la république – avait fait poursuivre le rappeur Hamé pour le contenu d’un texte qu’il avait publié : au terme de huit années de procédure, la Cour de cassation vient de rendre définitive la relaxe prononcée par le tribunal et deux cours d’appel. C’est une victoire pour la liberté d’expression. Elle doit être consolidée par la relaxe des quatre de Tours.
    Contre la pénalisation du militantisme, pour la liberté d’expression, contre la toute puissance policière, soutenons les quatre de Tours !
    Relaxe pour les quatre de Tours !

    Pour signer : http://baleiniers.org/la-petition
    Si vous rencontrez des difficultés pour le faire merci de m'écrire.


    Quelques infos supplémentaires :
    Pour aller plus loin : Un site : http://baleiniers.org
    Pour s'inscrire à la lettre d'infos : http://lists.baleiniers.org/mailman/listinfo/infos-tours
    Pour se mettre en relation avec le comité de soutien en cours de création : Contact provisoire BOURBON Patrick 02 47 63 27 06 bourbon.patrick3@wanadoo.fr
    La totalité du communiqué du Communiqué de Presse sur lequel se fonde la plaine est toujours en ligne là : http://resf37.free.fr/spip.php?article469
    Si vous souhaitez sur votre blog, votre réseau social ou votre site afficher votre soutien au 4 de Tours merci de vous rendre ici : http://baleiniers.org/les-soutenir/12-pour-votre-site

    Posté par Nico37, 08 août 2010 à 14:51 | | Répondre
  • réactions

    article intéressant et enrichissant, bien que j'aie quelques points à discuter.
    je milite moi-même dans une organisation anarcho-syndicaliste, et ai déjà eu l'occasion de te voir en concert (j'adore).
    Je fais partie de ceux qui pensent que l'une des tares du milieu militant est un certain sectarisme, qui rend toute personne s'écartant un tant soit peu du purisme anti-système un chien de l'Etat bourgeois, traître au peuple, hypocrite petit-bourgeois.
    Soyons bien clairs, il y a des bornes à ne pas dépasser, faut pas se foutre du monde nonplus, mais je pense que des attitudes trop inflexibles desservent le mouvement, le rendent sectaire, et plus grave, coupé des masses.
    Mépriser quelqu'un parcequ' il joue de la musique dans un groupe tout en militant à côté est, à mon sens, excessif, comme il est excessif de rejeter un groupe farouchement révolutionnaire juste parcequ'il a signé sur un label indépendant. Ce genre d'attitudes n'avancent en rien les projets libertaires et fragmentent le milieu militant contestataire.
    cest à-peu-près tout, j'aimerais avoir plus de temps pour écrire, peut-être une autre fois.

    Communismo libertario ya!

    Posté par epsylone, 10 mars 2011 à 15:44 | | Répondre
  • wa! le dernier message date de mars 2011, ça veut dire que je suis pas la seule à tomber par ici...

    Pour aller dans le même sens que ce qu'il s'est dit sur cette page, j'ajouterais que ça fait plaisir de lire des gens qui parlent sans mettre trop de pincettes (ok, pour " " " artistique " " " mais ça se comprend). Marre de devoir se justifier pour un préfixe ou un trukdugenre.

    On pense tous la même ? Oui mais non, tu dois passer le test d'entrer. Prouver ton intégration en lissant ton vocabulaire. Prouver par le vocabulaire que t'es pas un collabo, pour qu'ensuite on te foute la paix sur ton attitude en général. Combien ya de *:!"$)-/= qui ont les pires attitudes de tyrans mais qui sont accepté-es simplement parce qu'illes rentrent dans le moule du parfait toto ?
    Et encore, là je parle pas de leurs origines sociales... qui sont probablement à l'origine de ce genre d'attitude. (merci à des potes de m'avoir soufflé l'idée!)

    Rien que Bboykonsian ça en fait dire à d'autres qu'ils font du "rap inconscient". Pour dire ça, faut vraiment qu'ils n'aient jamais écouté de rap! parce que même ske j'écoute des fois, c'est limite niveau conscience politique, et si yavait que ça, ça serait pas de la tarte putain!

    merci les kopains!

    Posté par rapĉore, 25 mars 2011 à 02:11 | | Répondre
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